Modèle DUERP : trame conforme, plan d'action et alternatives gratuites
Un modèle de DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) est une trame prête à remplir : unités de travail, dangers identifiés, cotation des risques, mesures de prévention et plan d’action. La forme du document est libre, mais son contenu est encadré par le Code du travail — c’est donc le fond, pas le format, qui rend un modèle « conforme ».
Cette page détaille ce qu’une trame doit contenir, montre la structure type d’un tableau DUERP avec un exemple de DUERP rempli en complément, fait le point honnête sur les modèles Excel, Word et PDF — y compris les outils officiels réellement gratuits — et présente l’alternative iDuerp : un modèle sectoriel prérempli dans une application gratuite, à adapter à votre entreprise.
Que doit contenir un modèle de DUERP conforme ?
Le DUERP est obligatoire dès le premier salarié (articles L4121-1, L4121-3-1 et R4121-1 du Code du travail). Il transcrit les résultats de l’évaluation des risques et comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’entreprise. Une trame, quel que soit son format, doit donc prévoir au minimum les rubriques suivantes.
À noter : depuis le 1er juillet 2025, l’évaluation doit également intégrer les risques liés aux épisodes de chaleur intense (décret n° 2025-482). Un modèle antérieur à cette date qui n’en tient pas compte doit être complété.
- Identification des unités de travail : découpage de l’activité en groupes de salariés exposés à des situations de risques homogènes (fournil, magasin, chantier, bureau, livraisons…).
- Inventaire des dangers et des risques : pour chaque unité, les dangers présents (machines, produits, manutention, organisation…) et les risques d’atteinte à la santé qui en découlent.
- Cotation des risques : une évaluation de chaque risque, par exemple en croisant gravité et probabilité — la méthode est libre, aucune grille n’est imposée.
- Mesures de prévention existantes : ce qui est déjà en place (équipements de protection, consignes, formations, aménagements).
- Plan d’action : les actions de prévention à mener, avec un responsable et une échéance. Depuis la loi du 2 août 2021, ce volet est obligatoire : dans les entreprises de moins de 50 salariés, la liste des actions de prévention est consignée dans le DUERP et ses mises à jour ; à partir de 50 salariés, elle alimente le PAPRIPACT (voir ci-dessous).
- Annexes réglementaires : les données collectives utiles à l’évaluation des expositions aux facteurs de risques du compte professionnel de prévention (C2P) et la proportion de salariés exposés au-delà des seuils (article R4121-1-1).
- Date de réalisation et de mise à jour : chaque version doit être datée, car le document et ses versions successives doivent être conservés au moins 40 ans.
La structure type d’un tableau DUERP
La plupart des trames s’organisent en tableau : une ligne par risque, rattachée à une unité de travail. Voici un extrait fictif pour la cuisine d’un restaurant — les intitulés de colonnes varient d’un modèle à l’autre, mais la logique reste la même. Pour que la colonne « Actions à prévoir » devienne un vrai plan d’action, une trame complète y ajoute deux rubriques : le responsable de chaque action et son échéance.
| Unité de travail | Danger identifié | Risque | Gravité | Probabilité | Mesures existantes | Actions à prévoir |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Cuisine | Friteuse, plaques et fours en fonctionnement | Brûlures par contact ou projection d’huile | Élevée | Probable | Gants et manches longues, zones chaudes signalées | Installer des couvercles anti-projection, intégrer les brûlures au parcours d’accueil des nouveaux |
| Cuisine | Sols gras ou mouillés pendant le service | Chute de plain-pied | Moyenne | Très probable | Chaussures antidérapantes fournies, nettoyage en fin de service | Essuyer immédiatement les projections, ajouter des tapis antidérapants aux postes de cuisson |
| Plonge | Produits de nettoyage (détergents, dégraissants) | Risque chimique : irritations cutanées et respiratoires | Moyenne | Probable | Gants nitrile, fiches de données de sécurité disponibles | Remplacer le dégraissant par un produit moins irritant, améliorer la ventilation de la plonge |
| Salle | Port de plateaux chargés, cadence du service | Troubles musculosquelettiques (TMS) | Moyenne | Probable | Plateaux allégés, chariot pour les débarrassages volumineux | Réorganiser le passage salle-cuisine, alterner les postes pendant les coups de feu |
Plan d’action et PAPRIPACT : le prolongement obligatoire de la trame
Un modèle de DUERP ne s’arrête plus à l’inventaire des risques. Depuis la loi du 2 août 2021 (en vigueur au 31 mars 2022), le document débouche obligatoirement sur un volet opérationnel, dont la forme dépend de l’effectif (article L4121-3-1 du Code du travail).
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, une liste d’actions de prévention est consignée dans le DUERP et dans chacune de ses mises à jour : la colonne « Actions à prévoir » de votre trame, complétée par un responsable et une échéance, remplit ce rôle.
À partir de 50 salariés, le DUERP s’articule avec un document distinct : le PAPRIPACT (programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail). Il reprend les actions issues de l’évaluation en précisant leurs conditions d’exécution, les ressources mobilisées et un calendrier. Son absence est passible d’une amende de 7 500 €. Un bon modèle de DUERP doit donc prévoir cette articulation : chaque risque coté alimente une action, et l’ensemble des actions forme la trame du programme annuel. Le comité social et économique (CSE) est consulté sur le DUERP comme sur le PAPRIPACT.
La trame s’inscrit ainsi dans une démarche globale de sécurité au travail : évaluation des risques (DUERP), plan d’action ou PAPRIPACT, réalisation et suivi des actions, mise à jour du document, puis transmission de chaque version au service de prévention et de santé au travail (SPST) et conservation pendant 40 ans. Dans iDuerp, cette chaîne est native : le plan d’action est généré à partir de l’évaluation, et les entreprises de 50 salariés et plus en tirent leur PAPRIPACT sans repartir d’une page blanche. Pour les sigles (PAPRIPACT, SPST, CSE), voir le lexique de la sécurité au travail.
Modèle Excel, Word ou PDF : avantages et limites
Soyons honnêtes : un modèle Excel, Word ou PDF a de vrais atouts. Il est gratuit ou presque, tout le monde sait l’ouvrir, et comme la forme du DUERP est libre, un tableur bien rempli peut parfaitement être conforme. Pour une très petite structure qui démarre, c’est un point d’entrée légitime.
Les limites apparaissent à l’usage, et elles ne sont pas anecdotiques.
Ces limites ne condamnent pas le tableur, mais elles expliquent pourquoi beaucoup d’entreprises finissent par passer à un logiciel DUERP dédié : la trame ne fait que la moitié du travail, c’est la vie du document qui compte.
- Un modèle est générique : un DUERP recopié sans adaptation ne remplit pas l’obligation légale, qui porte sur l’évaluation des risques propres à votre entreprise.
- Aucune mise à jour guidée : rien ne vous rappelle les échéances (au moins une fois par an à partir de 11 salariés, à chaque aménagement important, à toute information nouvelle — article R4121-2).
- Pas d’historique automatique : le DUERP et ses versions successives doivent être conservés au moins 40 ans. Avec un fichier, cela repose entièrement sur votre discipline d’archivage.
- Risque de copier-coller : les lignes préremplies trouvées en ligne se retrouvent telles quelles dans des centaines de documents, sans lien avec le terrain.
- Fragilité pratique : formules cassées, versions multiples qui circulent, fichier introuvable au moment d’un contrôle ou d’une visite du service de prévention.
Les modèles et outils gratuits officiels
Avant de laisser votre adresse e-mail sur un site qui promet un « modèle gratuit » téléchargeable après inscription, sachez qu’il existe des ressources officielles réellement libres d’accès — et souvent de meilleure qualité.
OiRA (Online interactive Risk Assessment) est un outil en ligne gratuit développé par l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) et décliné en France par l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité). Environ 45 outils sectoriels sont disponibles — boulangerie, garage, restauration, soins, commerce… Chacun propose une évaluation guidée adaptée au métier : c’est une excellente option pour une TPE, et nous la recommandons sans réserve. Voir OiRA sur le site de l’INRS.
Certaines branches et organisations professionnelles publient aussi des grilles d’évaluation adaptées à leur métier : renseignez-vous auprès de votre fédération, de votre chambre consulaire ou de votre service de prévention et de santé au travail.
Enfin, l’INRS publie des guides méthodologiques, dont la brochure ED 840 sur l’évaluation des risques professionnels. Attention : ce sont des aides à la démarche, pas des modèles imposés — aucun format officiel n’existe. La méthode est expliquée dans la page « Évaluation des risques : ce qu’il faut retenir » de l’INRS.
L’alternative : un modèle prérempli dans une application gratuite
iDuerp reprend le meilleur des deux approches : la rapidité d’un modèle et la rigueur d’un outil dédié. L’application intègre des accélérateurs sectoriels — des trames préremplies avec les unités de travail et les risques courants du métier — pour huit secteurs : Boulangerie & Pâtisserie, Construction & BTP, Restauration, Santé, Services, Transport, Vente & Commerce, Éducation. Vous partez d’une base réaliste, puis vous adaptez chaque ligne à votre situation : cotation gravité/probabilité, photos prises sur le terrain, suggestions de formulation assistées par intelligence artificielle (IA).
L’application génère ensuite le plan d’action et le rapport DUERP en PDF en un clic, conserve l’historique des versions et fonctionne sur mobile (iOS via l’App Store, Android via Google Play) comme sur console web. Le compte se crée à partir de votre SIRET grâce à la base INSEE SIRENE, et les données sont hébergées en Europe, conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD).
Le plan Gratuit à 0 €/mois permet de créer votre DUERP. Pour les besoins avancés — multi-établissements, rôles Admin, Pilote et Participant, suivi des incidents — consultez les tarifs.
Un modèle prérempli pour chaque métier
Chaque page métier détaille les risques types du secteur et la trame préremplie correspondante dans l’application. Vous pouvez aussi parcourir la vue d’ensemble sur la page DUERP par métier.
- Boulangerie & Pâtisserie
- Construction & BTP
- Restauration
- Santé
- Services
- Transport
- Vente & Commerce
- Éducation
Questions fréquentes
Où trouver un modèle DUERP gratuit ?
Trois pistes réellement gratuites : les outils sectoriels OiRA de l’INRS et de l’EU-OSHA (environ 45 métiers couverts), les grilles publiées par certaines branches professionnelles, et l’application iDuerp, dont le plan Gratuit à 0 €/mois inclut des trames préremplies par métier avec export du rapport en PDF. Méfiez-vous des sites qui conditionnent le téléchargement d’un « modèle gratuit » à la saisie de vos coordonnées commerciales.
Un modèle Excel suffit-il pour être en règle ?
Légalement, oui, la forme est libre : un fichier Excel peut être conforme. À deux conditions. D’abord, l’évaluation doit être propre à votre entreprise : un modèle recopié tel quel ne satisfait pas l’obligation. Ensuite, le DUERP et ses versions successives doivent être conservés au moins 40 ans, ce qui suppose une discipline d’archivage rigoureuse quand tout repose sur un fichier.
Existe-t-il un modèle officiel ou INRS du DUERP ?
Non. Aucun modèle n’est imposé par la réglementation. L’INRS publie des guides d’aide à la démarche, comme la brochure ED 840, et propose les outils sectoriels gratuits OiRA, mais ce sont des supports méthodologiques, pas des formats obligatoires.
Le DUERP doit-il suivre un format précis ?
Non, la forme est libre : papier ou dématérialisé, tableau ou texte. En revanche, le contenu est imposé : inventaire des risques par unité de travail, résultats de l’évaluation, annexes relatives au compte professionnel de prévention (C2P), et date de mise à jour. C’est le contenu qui est contrôlé, pas la mise en page.
Un modèle de DUERP doit-il inclure un plan d’action ?
Oui. Depuis la loi du 2 août 2021, le DUERP débouche obligatoirement sur un volet opérationnel : dans les entreprises de moins de 50 salariés, une liste d’actions de prévention consignée dans le document et ses mises à jour ; à partir de 50 salariés, un PAPRIPACT distinct. Une trame sans colonnes « actions, responsable, échéance » est donc incomplète. Chaque version du DUERP doit par ailleurs être transmise au service de prévention et de santé au travail (SPST).
Existe-t-il un modèle de PAPRIPACT ?
Non, aucun modèle officiel n’est imposé, comme pour le DUERP. Et c’est logique : le PAPRIPACT découle directement du DUERP — il reprend les actions issues de l’évaluation des risques en y ajoutant conditions d’exécution, ressources et calendrier (article L4121-3-1). La meilleure « trame » de PAPRIPACT est donc un plan d’action bien structuré. iDuerp le génère à partir du plan d’action de votre DUERP, prêt à être présenté au CSE. Il est obligatoire à partir de 50 salariés, sous peine d’une amende de 7 500 €.
Existe-t-il un modèle de DUERP par métier ?
Oui. OiRA propose environ 45 outils sectoriels gratuits (boulangerie, garage, restauration, soins…). iDuerp propose de son côté huit accélérateurs sectoriels préremplis — boulangerie-pâtisserie, construction et BTP, restauration, santé, services, transport, vente et commerce, éducation — avec les unités de travail et les risques courants du métier déjà structurés.
Modèle DUERP en PDF ou en Excel : que choisir ?
Aucun des deux n’a d’avantage juridique. Le PDF fige une version finale, pratique pour diffuser le document ; l’Excel reste modifiable, pratique pour travailler. L’essentiel est ailleurs : un contenu adapté à votre entreprise, mis à jour, et des versions successives conservées 40 ans. Un logiciel dédié combine les deux logiques : édition guidée, puis export PDF daté à chaque version.
Faut-il mettre à jour un DUERP créé à partir d’un modèle ?
Oui, comme tout DUERP : au moins une fois par an dans les entreprises d’au moins 11 salariés, lors de tout aménagement important modifiant les conditions de travail, et lorsqu’une information nouvelle sur un risque est portée à votre connaissance (article R4121-2 du Code du travail). Le modèle vous fait gagner du temps au départ, pas sur la durée.
Sources officielles
- Service-Public Entreprendre — Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)
- INRS — Évaluation des risques professionnels : ce qu’il faut retenir
- INRS — OiRA : l’outil d’évaluation des risques pour les TPE
- Légifrance — Article R4121-2 du Code du travail (mise à jour du DUERP)
- Légifrance — Article L4121-3-1 du Code du travail (plan d’action et PAPRIPACT)